Retrouvez en intégralité l'intervention de Dimitri Bandini en cliquant ici
Le
budget primitif présenté par la majorité UMP d'Avon est une pâle copie des orientations budgétaires déjà bien fades, annoncées au
dernier conseil municipal de novembre.
Le contexte national et international est certes très difficile. La crise est bien installée et peut être plus dure encore.
Face à ce contexte dramatique, le gouvernement reste fidèle à lui-même et poursuit une politique en faveur des privilégiés et prône l'austérité pour le plus grand nombre.
La nouvelle majorité de Gauche au Sénat sous la houlette de
Nicole
Bricq a p arfaitement démontré que qu'une autre politique est possible. 30 milliards d'euros de recettes nouvelles ont été
trouvées pour l’État dans le projet de loi de finances pour 2012, notamment en revenant sur les cadeaux aux plus fortunés. La gauche sénatoriale a également refusé les 200 millions d'économies
demandés aux collectivités, augmentant au contraire de 450 millions d'euros les moyens de l’État affecté à ces mêmes collectivités.
Bien sûr, les choix budgétaires du Sénat seront détricotés par la commission mixte paritaire.
Les collectivités, dont Avon, verront donc leurs dotations gelées en valeur encore en 2012. En réalité, avec l'inflation, elles seront en diminution.
Qu'à cela ne tienne, la majorité d'Avon, voyant ses marges de manœuvre fortement diminuées par l’État UMP, a décidé de faire payer le manque à gagner par le contribuable.
L'augmentation des taux d'imposition et surtout la suppression des abattements vont faire grimper le produit des contributions directes.
Et ce budget n'est d'ailleurs pas sincère car il reprend le produit attendu en 2011 sans prendre en compte l'impact de la modification des abattements.
Le montant inscrit des droits de mutation paraît également sous-estimé, ancrant ainsi ce sentiment d'insincérité.
Concernant les dépenses.
L'augmentation des crédits affectés au chauffage, en raison du coût de plus en plus important des fluides, démontre la nécessité d'investir massivement dans la mise aux normes écologiques des bâtiments municipaux et de réfléchir à de nouvelles sources d'énergie.
On note par ailleurs une diminution des dépenses d’entretien des bâtiments municipaux. C’est inquiétant pour l’avenir du patrimoine municipal, que le Maire pourtant sauvegarder.
Nous regrettons que les crédits affectés aux fournitures scolaires soient en diminution et que la subvention attribuée au CCAS soit gelée depuis plusieurs années, comme si Avon n'était pas touchée par les effets de la crise.
Le premier poste de dépenses d'investissement est constitué par le remboursement de la dette.
Le second, par des travaux de voirie non-urgents pour un montant de 804 000 euros, poursuivant ainsi votre politique de bétonnage. Qu'il est loin le temps de la campagne de Monsieur Le Poulain « halte au béton » en 1995.
Le troisième poste de dépense d’investissement consiste en la construction d'un multi-accueil à Avon-centre pour 600 000 euros. Un montant très important dont le fruit sera généreusement offert à une société privée.
Par ailleurs, nous restons extrêmement prudents quant à cette « Maison des Services publics » aux Fougères quand on connaît le
peu de cas que leur réserve la majorité UMP.
Par ailleurs, malgré le remaniement de l'exécutif municipal, nous ne trouvons aucun engagement en ce qui concerne la Politique de la Ville, véritable serpent de mer du mandat de Monsieur Le Poulain.
Nous sommes également réservés en ce qui concerne ce kiosque à musique dans le parc de Bel-Ebat pour un coût de 150 000 euros ! A ce prix là, comme nous l'avons exigé pour le Manoir, la Municipalité devra veiller à l'appropriation de ces lieux partous les Avonnais.
Dans la même veine, en prévoyant une étude de faisabilité d'extension de la bibliothèque pour 20 000 euros, sans dans le même temps engager la moindre la réflexion quant à une bibliothèque-médiathèque intercommunale, vous démontrez l'absence totale de cohérence.
Pour notre part, nous aurions souhaité un geste envers l'école : en matière de fournitures, mais également d'infrastructures.
Nous aurions souhaité un renforcement de l’accueil des très jeunes enfants en maternelle, une politique tarifaire volontariste pour tous les services fondamentaux, la provision des crédits pour un restaurant scolaire aux Terrasses... ce ne sont là que quelques exemples.
Bref, dans ce contexte, face à un budget tristement ordinaire, qui ne prend pas en compte les réalités économiques et sociales des Avonnais alors même que nous traversons une période de turbulences extraordinaires, les élus du groupe ENSEMBLE POUR AVON ont voté CONTRE.

Cette année encore, ce qui devrait être un acte fort de la démocratie communale, prend la forme d’un rituel insipide. Pas la moindre
esquisse d’information publique, de débat citoyen. Non seulement l’opposition n’est pas écoutée, mais les associations et nos concitoyens ne sont pas conviés à débattre des grandes lignes
budgétaires.
Personne n'est dupe : la modification et la suppression des abattements fiscaux constitue une augmentation d'impôts déguisée.
Cette année encore, les ménages sont appelés à donner un coup de rein supplémentaire pour payer les conséquences d'une crise dont ils ne sont pas
responsables, pour corriger les effets de la gestion peu rigoureuse du Maire d'Avon, et pour compenser la politique d'un État défaillant dans ses missions envers
les collectivités.
