Voici l'intervention in extenso de Dimitri BANDINI au nom du groupe lors
du débat d'orientation budgétaire qui s'est tenu le 15 novembre 2011.
Cette année encore, ce qui devrait être un acte fort de la démocratie communale, prend la forme d’un rituel insipide. Pas la moindre
esquisse d’information publique, de débat citoyen. Non seulement l’opposition n’est pas écoutée, mais les associations et nos concitoyens ne sont pas conviés à débattre des grandes lignes
budgétaires.
Ce DOB institutionnel, comme l’année passée, s’inscrit dans un environnement financier, économique et social
particulièrement difficile. La crise touche durement nos concitoyens. Madame Rucheton l’a même découvert au dernier conseil municipal.
Malgré les plans d’austérité qui s’abattent sur l’ensemble des peuples européens, les plus fortunés arrivent
toujours à être exonérés des efforts demandés.
Comment ce gouvernement ne voit-il pas qu’augmenter les prélèvements obligatoires, la TVA, que toucher à la
retraite, que couper dans les dépenses de santé, que taxer les mutuelles, que limiter la hausse des prestations sociales à un niveau en-dessous de l’inflation, qu’instaurer des taxes en tout
genre sur la consommation, c’est avant tout précipiter les Français qui souffrent déjà de la crise vers de plus grandes difficultés ?
Dans le même temps, l’impôt solidarité fortune est vidé de son sens, la taxe sur les nuitées dans les hôtels de
luxe supprimée… Autant de symboles révoltants qui en disent long sur la considération de ceux qui nous gouvernent.
Si le Gouvernement continue de parler de réduction des niches fiscales et sociales, pour l’heure, il ne s’attaque
qu’aux niches qui bénéficient au plus grand nombre et non forcément aux plus fortunés.
Et pour la majorité de nos concitoyens, la vie est toujours aussi chère, la précarité les guette,
tout comme le chômage qui a d’ailleurs augmenté de 5% en un an sur notre commune selon l’INSEE.
Tout comme nos concitoyens, les collectivités sont invitées à se serrer la ceinture.
En considérant les collectivités locales uniquement comme une source de dépenses pour l’Etat et non comme un
acteur de premier ordre de l’économie nationale, le Gouvernement commet malheureusement un véritable contre-sens qui risque de pénaliser lourdement la croissance économique et l’emploi.
Je ne m’étendrai pas sur le fait qu’en 2012, les dotations de l’Etat seront à nouveau gelées en valeur.
Cette situation de crise et les méfaits du Gouvernement doivent nous interroger sur le rôle du service
public local et sur les leviers de solidarité que nous devons actionner.
C’est le sens de ce débat d’orientation budgétaire.
Il est vrai que notre commune est très peu endettée. Et pour cause puisque votre choix a reposé sur l’augmentation
constante des impôts, le resserrement des frais de fonctionnement, l’augmentation récurrente des tarifs et la compression des dépenses de personnel alors que celui-ci est de plus en plus
sollicité, et démontre toutes ses compétences, notamment lors de l’accueil des Jeux olympiques départementaux.
Nous ne pouvons que sourire en lisant, dans le document préparatoire, que vous avez décidé de mettre fin à la
politique généreuse des abattements fiscaux sur la taxe d’habitation, et ce, pour, je cite, « pérenniser les services publics existants ».
Il est vrai qu’il est urgent de les pérenniser. Car à la vitesse qui est la vôtre, il se pourrait
bien que notre commune soit vendue à un opérateur privé dans les 2 ans de mandat qui vous restent !
Nous persistons à penser que la hausse des impôts n’était pas inéluctable, surtout au regard de vos
réalisations.
En effet, nous trouvons assez fort de café d’augmenter les impôts pour privatiser la crèche ou mener à
bien des projets dénués de tout sens de l’intérêt général.
La rénovation du Manoir de Bel Ebat, la rénovation de la place de l’Eglise, l’achat des terrains Goulard,
cela représente 4 Millions d’euros. 4 Millions d’euros de gâchis d’argent public.
Certes, le percepteur estime la politique d’investissement d’Avon « adaptée ». Mais adaptée à quoi si ce
n’est à une ambition absolument dérisoire ?
Mais ce qui est à la fois pathétique et révoltant, c’est de constater que vous souhaitez poursuivre dans la même
direction.
Ainsi, même si vous ne souhaitez pas augmenter les taux d’imposition, par un tour de passe-passe avec la suppression des abattements, les impôts
augmenteront.
Vous poursuivrez votre politique de bétonnage à tout crin avec de la voirie « en veux-tu en
voilà ».
Vous souhaitez construire une « Maison des Services Publics » quel joli nom pour une Municipalité qui
aime déléguer au privé et qui envisage même de déléguer un deuxième multi-accueil à People and Baby ! Quelle hypocrisie !
Cette maison des services publics se substitue-t-elle au point d’accès au droit, éternellement repoussé
d’année en année ? C’est une question légitime à laquelle nous attendons des réponses.
Par ailleurs, pour poursuivre une politique culturelle élitiste et poussiéreuse (j’insiste), vous ouvrirez
le Manoir de Bel Ebat à une quarantaine de privilégiés, qui pourront jouir des 1,5 million d’euros de travaux gracieusement payés par les contribuables. Le devenir culturel de ce lieu
doit faire l’objet d’une vaste concertation avec toutes les générations de la commune, bref, réaliser un projet intergénérationnel et pluri-culturel.
Pour notre part, nous aurions souhaité la mise en œuvre de projets véritablement
prioritaires.
Avec votre gâchis des 4 millions d’euros dont je parlais il y a quelques instants, nous aurions agrandi les
restaurants scolaires pour permettre enfin aux enfants de chômeurs d’y avoir accès. Nous aurions également lancé des études pour réaliser le restaurant scolaire qui manque aux Terrasses.
Nous aurions aussi enfin réalisé les travaux d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite dans toute la Ville.
Parce qu’il ne suffit pas de faire de la voirie comme vous le faites. Il faut surtout qu’elle soit réalisée aux normes PMR ce qui est très peu le cas des derniers chantiers...
Par ailleurs, au lieu qu’Avon et Fontainebleau fassent chacune une rénovation ou un agrandissement de leur
bibliothèque, nous aurions relancé le projet d’une bibliothèque-médiathèque intercommunale, digne de notre agglomération.
Enfin, et puisque le CCAS a reçu à cette heure autant de demandes que toute l’année dernière, et que les
organismes caritatifs sont débordés comme jamais, nous aurions proposé une augmentation significative des moyens attribués au CCAS.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, le débat d’orientation budgétaire aurait dû être l’occasion de donner un
signal fort et surtout d’être à la hauteur des enjeux de développement et des besoins de notre ville et de ses habitants.
Malheureusement, on ne peut que le regretter vos orientations présentées ce soir laissent déjà augurer une
année 2012 décevante, une année qui, à nouveau, ignorera superbement les réalités que vivent les Avonnais.